Il est 9h. Je crois. Il me semble apercevoir les rayons du soleil à travers les fenêtres de cette pièce. Cette pièce où tu m'a rejoint mille et une fois. Avant, je pouvais y sentir ta présence. Maintenant elle est vide. Vide de toi. Je m'allume une cigarette. Elle ne m'offre rien. Et je m'en veux de continuer cette saloperie alors que Papa est malade et qu'il fait tout son possible pour s'en détacher. Mais je suis surement trop égoïste pour me dire que sa santé est gravement en danger. J'ai besoin de quelque chose qui pourrait m'aider à tout cracher. Cracher. Oui c'est ça le mot. J'ouvre le placard, j'y trouve une bouteille. Une fois ouverte, l'odeur me procure un léger sentiment de plaisir. Le goût m'importe peux. Je connais la manière maintenant pour accéder plus rapidement à l'ivresse désirée. Je vois vite. Plus vite. Je prends un cachet. Deux. Trois. Je m'allume une cigarette. Cela commence. Je le sais. C'est toujours pareil. Ma vision se trouble. J'apprécie le fait de se sentir ailleurs. Je vole. Oui c'est ça. Loin d'ici, près de toi. C'est exactement ce que je recherche. Je pleure. Mon visage est humide. Dans le miroir, je ne suis qu'une ombre aux traits incertains. Je pleure. Je m'allume une cigarette. Je reconnais la chanson. C'est la notre. Nous connaissons les paroles par c½ur. Les souvenirs m'apparaissent aussi violement qu'une balle en pleine tête. J'ai mal. Je m'en veux terriblement. Je m'en veux de t'avoir causé autant de chagrin. De t'avoir mis en colère. De t'avoir fais pleurer. De ne pas avoir été présente ce jour là. On m'a dit que s'il y avait eu un passager arrière il serait mort sur le coup. Avec toi. J'aurais aimé être ce passager. Je m'allume une cigarette. Je bois. Je te regarde. Je pense à Maman à qui j'ai promis de ne pas recommencer. Elle n'aime pas voir ça. Je m'en veux de lui faire endurer ça. A elle, Papa, les autres. Ils ont déjà vécu ça. Elle les a fait souffrir aussi. C'était il y a 4 ans et personne n'a encore franchi le cap. Certains appellent ça le deuil. Je n'y crois pas. Par fois, l'impression que sa présence n'est jamais été là m'envahit. Je m'en veux. Si elle savait. Il m'arrivait beaucoup d'en parler avec toi, tu comprenais. Elle me manque. Tu me manque. Apprendre à vivre sans la personne qui était plus que quiconque présente pour moi est terriblement difficile. Cela fais quelques mois que je m'efforce à me battre. En vain. Ton visage me hante jour et nuit. M'en aurais-tu voulu pour les quelques choses que j'ai commises ? Surement. Et je t'aurais déçu plus d'une fois. J'agis sans même réfléchir à l'impact de mes actes. Ils ne comptent pas. Pas plus que tout ce qui m'entourent. Tous les matins je dois me réveiller et me dire que tu ne seras plus jamais là. Sans toi. Sans toi. Il fait froid. Le vent me glace le sang. Je m'allume une cigarette. Je vais souvent là-bas avec l'idée d'y retrouver un peu de toi mais tout ce qui m'accueil sont de la terre et des fleurs. Il n'y a plus rien. Rien. Il m'arrive de faire des choses en pensant que ça te plairait, que tu serais fière de moi mais pour finir, je retombe toujours sur la même pensée. Le manque. Le manque qui tue. Les souvenirs s'accrochent à moi. Ils m'obsèdent. M'étouffent. Je te veux. Là-bas. Tout les deux. Notre rêve. Oui je me dois de l'exhausser. Tu me chuchoteras au coin de l'oreille « Ecoutes... Tu entends comme je t'aime ? » Comme avant. Là-bas. Ensemble. Mon visage est humide. L'alcool me brûle la gorge. Je m'allume une cigarette.